• Assemblée du Conseil Régional du 15 décembre : suite et fin

    Assemblée du Conseil Régional du 15 décembre : suite et finDans mon précédent article du 28/12, je vous avais promis que je vous informerais rapidement de la suite des délibérations de cette séance du Conseil Régional. Encore une bonne résolution de début d'année que je n'ai pas pu tenir.

    C'est donc avec un peu de retard que je vous livre ici quelques considérations sur des délibérations importantes qui ont eu lieu pendant cette séance marathon (presque 8 heures !).

    Financement du contournement Est de Rouen :

    Sur le principe même du contournement Est de Rouen, nous étions opposés à ce projet. Inutile de rappeler ici les raisons. Vous les trouverez dans cet article du 8 juin 2016, qui lui-même renvoie à d'autres documents. Et nous avions voté contre au Conseil Régional. Le 15 décembre, il s'agissait d'en adopter le financement.

    La participation publique au financement de ce projet pharaonique est de 490 millions d'euros, dont 245 à la charge des collectivités territoriales. Encore faut il souligner que le coût du projet est vraisemblablement sous-estimé. La participation de la région serait de 122,5 millions d'euros, tout en notant qu'il s'agit là encore d'un minimum car le véritable engagement de la région est : "50% du montant total attendu des collectivités", et non un engagement sur une somme fixe. Comme le fait remarquer Joachim Moyse (élu également du groupe Front de Gauche) lors de son intervention, il nous a été proposé de voter un chèque en blanc au futur concessionnaire, ni plus ni moins. Car tout dépassement du coût du projet entrainera mathématiquement l'augmentation de la participation de la région.Sans compter que le département de L'Eure, engagé pour 49 millions d'euros, se fait tirer l'oreille pour passer à la caisse (peut-on l'en blâmer ?)

    Voilà encore des millions d'euros gaspillés dans un projet à la visibilité et à l'intérêt douteux, et qui auraient pu trouver de meilleurs usages dans des projets économiques ou sociaux au profit du plus grand nombre. 

    Bien évidemment, nous avons voté contre cette délibération.

    Débat d'Orientation Budgétaire (DOB) :

    Depuis 1992, ce débat est imposé aux régions, au moins deux mois avant l'examen du budget par l'assemblée. Il ne donne pas lieu à un vote. Plutôt qu'un long développement sur ce débat, je vous propose de lire l'intervention de Joachim Moyse (le spécialiste des questions budgétaires au sein de notre groupe), qui a filé la métaphore équestre avec bonheur pour évoquer les obstacles devant lesquels la région va se trouver lors du vote du budget.

    Carte des formations Sanitaires et Sociales :

     Il s'agissait d'entériner la fermeture de 6 Instituts de Formation d'Aides Soignants (IFAS) et d'un Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI). Ces fermetures avaient été annoncées par la Région en octobre, et nous nous en étions fait l'écho déjà à cette époque pour les dénoncer. en Octobre, c'étaient deux fermetures d'IFSI qui étaient prévues, mais grâce à la mobilisation des personnels et des élèves, l'IFSI de Vire a pu sauver son existence. Pour combien de temps ? La carte ci-dessous montre par ailleurs que c'est l'ex Basse-Normandie qui paye le prix fort.

    carte des ifas

    La Région se retranche derrière l'état et l'Agence Régionale de Santé (ARS), arguant du fait c'est cette dernière qui impose les quotas d'admissions dans ces formations. Comme quoi, lorsqu'il s'agit de faire des économies, la droite sait faire "front commun" (si j'ose m'exprimer ainsi) avec l'état, fût-il, de son point de vue, "de gauche".

    Et donc la baisse des quotas imposée par l'ARS est l'occasion pour la droite de "restructurer" l'offre de formation. Pour elle, les futur-e-s aide-soignant-e-s formé-e-s dans les IFAS peuvent très bien faire l'effort de se déplacer quelques dizaines de kilomètres pour rejoindre un autre lieu de formation. Par exemple, pour David Margueritte, Vice-Président (LR) chargé de la formation, il n'est pas acceptable qu'il y ait trois IFAS dans la même ville. Sauf qu'il ne s'agit là que du cas particulier de Caen, qui verra disparaitre l'IFAS de l'EPSM (Etablissement Public de Santé Mentale). Mais qu'en sera t-il de ceux et celles formé-e-s à Bernay, lorsque leur centre sera fermé ? Le plus proche sera alors à 30 kms. Pour ceux et celles d'Argentan qui devront aller à Falaise, c'est 25 kms. Or le public des IFAS est souvent en difficulté sociale; ce ne sont pas que des jeunes qui pourraient être facilement mobiles, mais ce peut être aussi des mères de famille en reconversion pour qui un déplacement de 30 kms signifiera un abandon de leur formation.

    De cela, la droite régionale n'a cure. Et bien entendu, ce ne sont pas nos arguments sur les nécessaires embauches dans les établissement de santé pour assurer un service de qualité qui peuvent trouver grâce à leurs yeux, alors que le poulain qu'ils se sont choisi pour les présidentielles, le très chrétien François Fillon, prétend supprimer 500 000 fonctionnaires et privatiser la Sécurité Sociale !

    Au nom de notre groupe, Céline Brulin a expliqué dans son intervention pourquoi nous voterions contre cette carte de formations. Les Verts ont également voté contre, ainsi que le PS. A noter néanmoins le flottement de ces derniers qui s'apprêtaient à s'abstenir, et qui n'ont finalement voté contre que parce que Gaëlle Pioline, qui pour être conseillère régionale PS n'en est pas moins habitante de Flers et donc directement concernée, les a encouragés à voter contre. Pas très solide comme conviction !

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