• Grève de la faim au Rouvray : une petite avancée ??

    Grève de la faim au Rouvray : une petite avancée ??Ce matin, cheminots et hospitaliers, ainsi que leurs soutiens, ont  bloqué le pont Mathilde et les quais rive gauche devant la Carsat, à Rouen, avant d'aller faire le siège de l'agence de l'ARS, où ils-elles ont été reçu-e-s.

    Rien n'est simple : la veille, la réunion entre l'ARS et les grévistes qui se tient à l'heure où j'écris, avait été déclarée annulée. Il faut dire que la directrice de l'ARS a eu le don de mettre de l'huile sur le feu en déclarant que les 52 postes réclamés correspondaient à l'absentéisme du personnel  du Rouvray. Tout le monde a entendu, tant elle le pensait fort, que si le personnel était moins "fainéant", il n'y aurait pas besoin de ces postes !

    Faut-il rappeler que cette revendication de 52 postes ne sort pas d'un quelconque chapeau : un précédent audit de l'ARS elle-même avait chiffré le déficit en postes à 56. Suite à cet audit, 4 postes (!) avaient été accordés. Et donc, dans un souci d'apaisement qui les honorent, les grévistes du centre hospitalier ont décidé de ramener leurs exigences à ces 52 postes, alors qu'ils/elles avaient initialement chiffré le déficit à 197 postes !

    Finalement, la rencontre a quand même eu lieu cet après-midi. La délégation de l'ARS, dont Mme Gardel, la directrice, faisait partie, a été accueillie par un silence de mort de la part des 200 personnes présentes. Un silence aussi profond que le mépris dont elle avait fait part jusqu'à maintenant.

    Il est trop tôt pour savoir ce qui va sortir de ces négociations, mais il s'agit néanmoins d'une avancée. En effet, alors qu'il s'agissait à l'origine d'une "mission flash" de trois semaines destinée à effectuer un énième audit de la situation dont les résultats auraient été connus aux calendes grecques, cette mission s'est transformée en ouverture de négociations immédiates.

    Après deux mois et demi de grève et 17 jours de grèves de la faim, on serait tenté de dire : il serait temps !

    De même, lors de ces négociations, il pourrait être question de véritables créations de postes, et non de redéploiement comme il en avait été question auparavant. On parle de 40 postes (avec toutes les réserves qui s'imposent).

    Quoi qu'il en soit, il apparait que même aujourd'hui, alors que le capitalisme est partout à l'offensive dans le but de détruire nos conquis sociaux qui les empêchent de s'enrichir en paix, une lutte pourrait être victorieuse. Certes, à quel prix ! Et rien n'est encore joué. Mais les hospitalier-e-s de l'hôpital du Rouvray ouvrent la voie. De quoi redonner la pêche à nos luttes dans tous les secteurs.

    Luttant en intersyndicale depuis le début, en lien avec un comité de grève représentant les non-syndiqués, ils et elles montrent qu'il ne faut rien lâcher. Une grande leçon. Merci à elles et eux, quelle que soit l'issue du conflit.

    La grève de la faim n'est pas pour autant terminée. ils sont encore 4 à tenir bon, avec le soutien des 4 premiers à être entrés dans l'action, qui, s'ils ont dû être hospitalisés en urgence lundi et mardi, sont revenus soutenir leurs camarades.

    Le soutien s'organise en dehors de l'agglomération rouennaise : un rassemblement de soutien se tiendra au Havre, devant la sous-préfecture à 17h ce jeudi 7 juin.

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  • Commentaires

    1
    chicot annie
    Jeudi 7 Juin 2018 à 20:53

    Le rassemblement de ce soir au Havre était intéressant mais le convoquer à 17h voulait dire que nombre de salarié ne pouvait y être présent. De plus, aucune nouvelle au delà de ce rassemblement, alors que le mouvement doit perdurer, c'est dommage...encore une fois !!! A retransmettre à l’intersyndicale.

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