• Je ne comprends plus rien !

    Je sais qu'en vieillissant, on perd des neurones mais quand même ! Depuis une quinzaine de jours, on entend et on lit, dans tous les média aux ordres, que la grève à la SNCF coûterait 20 millions d'euros par jour, celle d'Air France 25 millions et qu'avec tout ça, le pays, qui avait déjà du mal à se redresser, est en péril. Si on le dit à la télé, c'est que ça doit être vrai ? Enfin, moi, c'est ce que j'ai toujours cru : quand c'est marqué "vu à la télé", c'est que c'est pas des carabistouilles.

    Et c'est là que je ne comprends plus parce que depuis longtemps (mais ça c'était avant), on nous disait sur tous les tons que "le travail coûte (trop) cher", "le coût du travail est exorbitant", etc...

    Je ne comprends plus rien !Moi, naïvement, je me disais que si le travail coûte cher, l'absence de travail doit rapporter ? ça doit faire faire des économies à nos braves patrons qui ont du mal à s'en sortir, et en faisant grève, nos bons ouvriers font preuve d'un beau patriotisme économique qui devrait être loué.

    Hé bien, il parait que non. "On" nous aurait menti tout ce temps ?

    Blague à part, la plupart de ceux et celles qui vont me lire savent très bien que le travail ne coûte pas, mais qu'au contraire, c'est la seule chose créatrice de richesses. Mais cette évidence pour nous ne l'est pas pour tout le monde, la communication bien rodée du libéralisme nous ayant bassiné le contraire depuis des décennies. Nous connaissons tous et toutes des gens qui acceptent, bon gré mal gré, de se serrer la ceinture parce que " l'économie va mal". Il y en a même, pas si loin de chez nous, qui refusent par référendum de travailler moins ! 

    Or, jamais - sauf une fois : Gérard Filoche - je n'ai entendu un dirigeant de gauche, de la vraie gauche, rappeler cette évidence à la télé ou au micro d'une émission de radio à laquelle il ou elle était invité-e. C'est pourtant quelque chose qui devrait être rabâché, afin d'ôter une fois pour toute les sentiments de culpabilité qui font que certain-e-s d'entre nous hésitent à revendiquer leurs justes droits.  Et surtout, afin que chacun-e comprenne que celui ou celle qui gagne 300 euros de plus que nous n'est pas un privilégié mais, quoi qu'il arrive, est encore payé au-dessous du travail réel qu'il ou elle fournit.

    Non le travail ne coûte rien, oui il est le seul vecteur de la création de richesse. En ce jour du 200ème anniversaire de la naissance de Karl Marx(1), qui fut le pionnier dans la théorisation du fonctionnement capitaliste, il est bon de le rappeler.

    Les capitalistes le savent bien. Pour nous faire peur, pour nous faire croire que demain tout le monde sera à la porte, ils agitent l'épouvantail de l'intelligence artificielle, qui serait capable de faire tout mieux que tout le monde (sauf eux, bien entendu), comme une nouveauté qui révolutionnera bientôt le monde du travail. Cette "nouveauté" date quand même des travaux d'Alan Turing dans les années 50, et même s'il y a eu des progrès de faits, jamais une machine, même capable d'apprentissage, ne remplacera l'intelligence de l'être humain. Quant aux stipendiés du capitalisme qui officient dans les média style TF1 ou BFMTV, ils mesurent l'artificialité de leur propre intelligence au nombre de fois qu'ils prononcent le mot "algorithme", qu'il ne comprennent pas eux-mêmes.

    Mais cela nous éloigne un peu de notre sujet : C'était pour dire que jusqu'à preuve du contraire, les avions ne se pilotent pas encore eux-mêmes, les trains non plus. Et qu'ils ne se construisent pas non plus tous seuls, avec leurs petits bras maladroits.

    Lorsqu'un patron licencie, ou cherche à réduire les salaires, ce n'est pas pour faire des économies. Au contraire. C'est parce qu'il pense que la machine par laquelle il remplace l'employé-e va lui coûter moins cher, qu'elle va produire autant voire plus de richesse, et donc que son taux de profit va en être amélioré.

    Mais alors, c'est bien la machine qui produit de la richesse ? Non, ce n'est pas la machine, c'est celui ou celle qui la conduit, qui la pilote, ainsi que ceux ou celles qui l'ont construite.

    Au final, il est vrai que la richesse produite peut être supérieure avec moins de personnel. Ce n'est pas ça la question qui fâche. Ce qui fâche, c'est que la richesse ainsi produite, qui pourrait être répartie entre ceux/celles qui restent et ceux/celles qui ont été mis-e-s à la porte, tout simplement en répartissant le temps de travail, est en fait accaparée au profit de quelques uns, improductifs ceux-là.

    On comprend d'autant mieux que l'on pourrait se débarrasser de ces actionnaires improductifs une fois qu'on a compris que ce n'étaient pas eux qui "nous donnent du travail" (merci patron), mais que c'est nous qui les payons, en les laissant s'approprier la plus grande partie de notre richesse collective : les fruits de notre travail.

    Pour finir, je me dis que si je n'ai pas tout compris, ce n'est pas grave, c'est juste que ceux ou celles qui m'ont expliqué ont certainement manqué de pédagogie. Car c'est bien connu que lorsque les français-e-s refusent qu'on leur fasse un petit dans le dos, c'est parce qu'ils ne comprennent pas ce qui est bon pour eux/elles. Ils sont tellement con-ne-s (citation qu'il est difficile d'attribuer avec certitude. On sait seulement, dans l'état actuel des recherches historiques, qu'elle émane de membres des gouvernements, en 1995, 2002, 2007, 2102 ou 2017. Peut-être même avant. Les recherches se poursuivent...)

     

    (1) Je sais que c'est aussi le jour de la fête à Macron, mais je préfère dire "bon anniversaire, Karl", que "bonne fête, Président", malgré tout le respect que je lui dois !

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