• Jeudi 18 février 2016, nous avons, avec Céline BRULIN, également conseillère régionale et conseillère municipale de Bolbec, rencontré le maire de Quillebeuf sur Seine, ainsi que trois responsables du comité de défense du bac de Quillebeuf.

    Ce bac, emprunté quotidiennement par 1600 véhicules et une trentaine de poids-lourds, est aujourd'hui menacé. C'est le seul bac de seine qui relie deux départements, l'Eure et la Seine-Maritime, et ses frais d'exploitation, autrefois pris en charge par moitié par les deux départements, sont maintenant pris en charge aux deux tiers par la Seine-Maritime, et pour un tiers par l'Eure. Or il n'est pas exclu que le vote du budget du département de l'Eure, en mars, ne reconduise pas sa participation (1,1 million d'euros). Le désengagement de l'Eure serait une catastrophe pour Quillebeuf, il signifierait la mort du bac.

    Le village et ses habitants ont déjà eu, à plusieurs reprises, à subir des arrêts d'exploitation lorsque le bac tombe en panne. En effet, il n'existe qu'un seul bac de remplacement sur l'ensemble du fleuve (le bac 14), et celui-ci est très souvent utilisé pour remplacer le bac de Duclair dont la motorisation, inadaptée, tombe également régulièrement en panne. Lorsque cela arrive (12 jours en 2015, déjà 5 jours en janvier), Quillebeuf devient une ville morte; les commerces observent une chute de 30 à 40%  de leur chiffre d'affaire, et les usagers - nombreux sont ceux qui travaillent de l'autre côté, dans les entreprises de la zone industrielle de Port-Jérôme - n'ont d'autre choix que de rallonger leur temps de transport de 45 minutes et de payer le pont de Tancarville.

    Cela est d'autant plus problématique que les usagers ne sont pas prévenus des arrêts pour maintenance, et qu'ils ne l'apprennent souvent qu'au moment où ils se présentent à l'embarcadère !

    La continuité du service public est alors rompue.

    Cet état de fait est dénoncé par le comité de défense, qui argue que si, comme c'était initialement prévu, la motorisation du bac de Duclair avait été refaite, le bac de remplacement pourrait être plus souvent utilisé à Quillebeuf, le cas échéant. En ce qui concerne le bac de Duclair, un audit avait été mené sous la précédente mandature du conseil départemental, en novembre 2014. Qu'est il devenu ? Il semblerait que cet audit ait été enterré par l'actuelle majorité.

    Enfin, les collectivités départementales 27 et 76 qui aimeraient se désengager du financement du bac évoquent le retour à un péage. Tant le maire de Quillebeuf que le comité de défense du bac y sont opposés : avant 2004, le bac était payant, et il a été rendu gratuit car les coûts engendrés par le recueil des péages était supérieurs aux recettes !

    Le bac est un service public qui doit rester gratuit !

    En tant qu'élu(e)s du Front de Gauche, nous sommes évidemment en plein accord avec cette vision des choses.

    Nous apporterons tout notre soutien aux militants du comité de défense du bac, ainsi qu'au maire de Quillebeuf, si les menaces contre le maintien du bac se faisaient plus précises.

    Mais indépendamment des actions ponctuelles et immédiates, nous mettrons également tout en œuvre afin de trouver une solution pérenne. En particulier, tous les acteurs concernés doivent pouvoir prendre connaissance des résultats de l'audit concernant le bac de Duclair ! C'est aujourd'hui un point de blocage car les pannes récurrentes de ce bac accaparent trop souvent celui de remplacement.

    De plus, nous profiterons des nouvelles compétences dévolues à la région en terme de transports pour proposer un plan de financement et de développement de l'ensemble des transports normands. En particulier par la création d'un syndicat régional des transports, dans lequel siègeraient les associations d'usagers et les syndicats de personnels, et qui aurait pour mission de faire contribuer les entreprises à l'effort nécessaire pour développer nos transports régionaux. Celui-ci pourrait en effet prélever la contribution transport auprès des entreprises de plus de 11 salariés, dans toute la Normandie, alors que nombreuses sont celles qui en sont exonérées aujourd'hui.

    Cette participation des entreprises[1] (0,5% de la masse salariale) permettrait de dégager des fonds non négligeables pour améliorer, rouvrir ou conserver des lignes de chemin de fer[2], ou pérenniser les bacs de Seine, par exemple. Ces exemples étant non exhaustifs.



    [1] Il faut noter que l'entreprise Exxon, sur la zone industrielle de Port-Jérôme, participe au fonctionnement du bac de Quillebeuf à hauteur de 30 000 euros. Que font les autres ??

    [2] Voir, au sujet du transport ferroviaire, le communiqué de presse du groupe des élus Communistes et du Front de Gauche. Vous pourrez le lire sur ce blog.

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  • Lafarge ne doit pas fermer !Après les licenciements chez Sidel, que la lutte exemplaire menée, par deux fois, par les ouvriers et employés du site ont permis de réduire au maximum, c'est au tour de Lafarge d'annoncer que sa cimenterie de Saint-Vigor d'Ymonville, près du Havre, stopperait sa production pour ne devenir qu'une unité de broyage de clinker (constituant du ciment artificiel).

    Sur les 144 emplois actuel, 111 seraient supprimés.

    le groupe Lafarge avait, en 2013, incité le personnel de l’usine à s’engager dans un "plan de compétitivité" du site devant s’accompagner de 80 millions d’investissements pour le moderniser. Les salariés et leurs organisations syndicales ont joué le jeu et répondu aux attentes de ce plan de compétitivité, souvent au prix de sacrifices personnels et d’adaptation de leur organisation professionnelle et familiale.
    En 2015, tous les objectifs assignés par le groupe Lafarge au site ont non seulement été atteints mais très largement dépassés, alors même que sur les 80
    millions d’investissements annoncés, 17 millions seulement furent réalisés.

    Pour avoir rempli tous ces objectifs, les récompenses sont tombées :

    • Bruno Lafont, le PDG du groupe, l'a quitté en juillet 2015 avec une indemnité de départ de 5,9 millions d'euros et la promesse d'une retraite chapeau de 640 000 euros par an, lorsqu'il fera valoir ses droits à la retraite ! De quoi voir l'avenir avec confiance !
    • Pour les salariés de Saint-Vigor, ce sera la porte ! avec les remerciements des actionnaires.

    Alors que le groupe dégage une marge de 28%, cette fermeture de site s'apparente clairement à un plan de licenciement boursier.

    Jean-Paul Lecoq, Conseiller départemental Front de Gauche de Seine-Maritime et maire de Gonfreville l'Orcher, a envoyé un courrier à Hervé Morin, président de la région Normandie, pour que soit organisée d'urgence une table ronde sur l'avenir de l'usine.

    Afin d'appuyer cette demande, j'ai moi-même envoyé le 10 février un courrier à Hervé Morin ainsi qu' à la Vice Présidente chargée du développement économique, Sophie Gaugain. Ce courrier est pour l'instant en attente de réponse :

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