• Mercredi 29 mars : Le Havre à nouveau capitale de la résistance !

    "Le Have et la Normandie rouges, ou en tous cas, bien "tête dure", [sont] montés en ligne contre la loi El-Khomri […] . Vous avez mené la lutte, vous n'avez pas changé d'avis, vous ne voulez toujours pas de cette loi. Quoi que vous pensiez, vous avez un moyen pour avoir le dernier mot, c'est de voter avec moi ! […] Le monde du travail tient sa revanche car il a son candidat" (Jean-Luc Mélenchon, Le Havre, 29/03/2017)

    Mercredi 29 mars : Le Havre à nouveau capitale de la résistance !Cette phrase en elle seule résume bien le tour actuel de la campagne de Jean-Luc Mélenchon: fédérer pour gagner. Fédérer le monde du travail, qu'il a visité mercredi matin en allant à la rencontre des travailleurs portuaires, fédérer celles et ceux qui ont lutté, accumulé les journées de grève et les manifestations contre la loi El-Khomri, celles et ceux qui luttent encore tous les jours dans les entreprises, les écoles, les hôpitaux… Celles et ceux qui veulent changer, de vie, de république, de système : "Le travail a droit à l'honneur de marcher devant".

    Nous étions 5000 mercredi, à être de ceux et celles-là. Beaucoup de jeunes, de retraité-e-s, un mélange réussi de toutes les catégories socio-professionnelles. Sans doute, tout le monde n'était pas forcément convaincu en entrant dans les docks, mais l'orateur a su faire valoir ses arguments : Assemblée constituante pour une 6ème république, engagement d'abroger la loi "travail" ; réaffirmation de la prépondérance de la loi sur le contrat de branche qui ne pourra qu'être meilleur que la loi, ou sinon ne sera pas ; dénonciation de  la précarité généralisée… Oui, le partage des richesses est possible et nécessaire. Et même s'il se fait discret sur la façon de l'imposer aux spéculateurs il affirme que c'est possible grâce à l'impôt universel, la baisse du temps de travail et un travail pour toutes et tous

    Relance maitrisée et écologique de l'investissement, hausse des salaires, retour aux trente cinq heures payées trente-neuf, retour de la retraite à 60 ans après 40 annuités… Il met un accent fort sur l'égalité salariale pour les femmes et la constitutionnalisation de l'avortement ovationnées par la salle.

    Bien sûr, ces mesures ne vont pas assez loin. Nous avons quant à nous d'autres propositions, réalistes, pour améliorer durablement le sort du monde du travail. Vous en trouverez quelques unes dans ce dépliant. Le programme de France Insoumise, l'avenir en commun, va lui aussi plus loin. Mais les mesures de Mélenchon se veulent des mesures applicables immédiatement, un socle commun minimal permettant de rassembler. Car il ne veut pas témoigner, mais gagner.

    Jean-Luc Mélenchon s'impose comme le candidat qui peut faire gagner notre camp, ou au moins montrer à la face du monde que la gauche radicale n'est pas morte et reste puissante en France. S'il faut résister encore lors du prochain quinquennat, le monde du travail partira requinqué !

    Mercredi, c'était le jour que Manuel Valls avait choisi pour rendre public son choix - dont personne ne doutait - de rejoindre le camp qu'il n'avait jamais renié, celui du libéralisme. C'était aussi le jour qu'a choisi Pierre Laurent pour faire une proposition de réunion à quatre (Lui-même, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, Benoit Hamon) au prétexte que la droite du PS l'ayant quitté, une alliance serait possible avec Benoit Hamon.

    Quelle erreur ! Une bonne partie du PCF s'est d'ailleurs élevée contre cette proposition de son secrétaire général. J'écrivais le 23 février que l'on ne pouvait pas se satisfaire d'un éclatement des candidatures de la gauche, et qu'il fallait tout faire pour obtenir un accord. Mais ce qui était valable alors, et que je ne renie pas, ne l'est plus aujourd'hui. La situation a considérablement évolué : Benoit Hamon, à force de ne pas vouloir choisir, a édulcoré son programme pour essayer de limiter les transfuges à sa droite. Il est devenu inaudible, chef de clan d'un parti rabougri et éclaté, et n'y a gagné qu'une chute vertigineuse d'intentions de vote. Les électeurs et électrices, au début galvanisé-e-s par son improbable victoire à la primaire, se rendent compte aujourd'hui qu'il ne peut être le candidat du travail, mais seulement le candidat d'un parti dont ils et elles ont souffert pendant 5 ans.

    Hamon, isolé et trahi de toutes parts, en est devenu pathétique : ne "menace" t-il pas de retirer l'investiture de Manuel Valls aux législatives ? Mais il n'en a pas le pouvoir, c'est l'appareil qui décidera ! Il aurait fallu plus simplement, dès le début, la refuser à tous ceux et toutes celles, ministres, anciens et anciennes député-e-s qui ont voté toutes les lois anti-sociales du quinquennat. Mais là encore, il n'en avait pas le pouvoir.

    C'est pourquoi Jean-Luc Mélenchon, mercredi soir, a pu répondre :

    "J'ai marché avec vous mon chemin, sans jamais céder à rien. Hé bien je ne vais pas commencer aujourd'hui à faire le contraire ou à m'engager dans je ne sais quel improbable arrangement qu'on me suggère de faire […] Je resterai fidèle à la parole donnée, celle que je vous ai donnée, à vous. Je ne dépends que de vous, et je ne négocierai rien avec personne".

    Voilà qui est clair et il a raison : ce sont les électeurs et les électrices qui trancheront. Il est trop tard pour les accords d'appareil !

    Pour celles et ceux qui n'auraient pas eu la chance d'assister au meeting, vous pouvez le revoir sur le site d'Ensemble ! national : meeting du 29 mars

    crédit photo : Jérôme LALLIER, Oissel

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  • Commentaires

    1
    jacques
    Samedi 1er Avril à 09:42

    très bon article. Je n'en connaît pas la surface de diffusion (journal ou blog uniquement?), tel quel ça ne peut être un tract, mais!:

     Le 6 avril nous distribuons un trac d'Ensemble plutôt généraliste. 

      Il ne lui manque que la dernière parti sur les stratégies unitaires possibles et les impasses pour en faire un tract actualisé.  Ca fait la différence avec l'apolitisme diffus, hors temps sur ces questions dans les groupes de la FI . Paradoxalement nombre d'électeur moyen nous interpellent souvent sur ces questions , moins aveuglés par l'enthousiasme du fan club.

    Bon techniquement c'est impossible de faire un remontage. Mais pour l'avenir, tant qu'a distribuer un tract d'Ensemble ( c'est rare ), autant marquer la différence !

     

    Solidaire, Jacques

     

    2
    Jan Valtin
    Samedi 1er Avril à 11:32

    Excellent article qui rend bien l'atmosphère du meeting et ne fait pas l'impasse sur les difficultés à régler "l'affrontement de classes".

    une nuance malgre tout sur l'international :la question des interventions françaises et la francafrique ainsi que l'oubli de la condamnation du soutien de Poutine au boucher de Damas 

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