• mineurs isolés : le département hors-la-loi

    Ils étaient six, six jeunes guinéens ou congolais âgés de 15 à 17 ans, arrivés seuls en France depuis plusieurs mois. Ces mineurs entrent de plein droit dans la catégorie des "mineurs non accompagnés" ou "mineurs isolés". A ce titre, ils auraient dû être pris en charge par l'aide sociale à l'enfance (gérée par les départements) dès leur arrivée à Rouen, comme le prévoit la loi du 14 mars 2016.

    mineurs isolés : le département hors-la-loiEn fait de prise en charge, il ne leur a été proposé aucun hébergement décent et stable. Les services du département arguent que leur quota de 132 places d'hébergement  a été dépassé. 132 places d'hébergement pour un département de 1 250 000 habitants, n'est-ce pas un peu mesquin ? N'y aurait-il pas un petit effort à faire de ce côté-là ?

    Les six jeunes ont trouvé refuge au théâtre des deux-rives jusqu'au 20 juillet, date à laquelle celui-ci a fermé ses portes pour les vacances d'été. Cette solution ne pouvait de toute manière pas durer car les jeunes devaient quitter les lieux pour 8h30 le matin et ne bénéficiaient pas de prise en charge médicale.

    Face à cette situation d'urgence, après un rassemblement le 27 juin devant le palais de Justice destiné à alerter la population et l'état, Médecins du Monde a déposé une requête de référé-liberté auprès du tribunal administratif, le 18 juillet. Celui-ci a statué le 19 en condamnant le département à trouver une solution décente et stable dans un délai de 24 heures pour les six jeunes mineurs, sous peine d'une astreinte de 100 € par jour. Rappelons que le prix moyen d'une prise en charge journalière dans une structure pour le département est de 150 €...

    Malgré cette condamnation, le département n'a rien fait, ou presque : un seul des jeunes mineurs est aujourd'hui hébergé dans un foyer du Havre.

    Il est anormal qu'un département balaye ainsi une décision de justice d'un revers de main, et se les lave ensuite du devenir de jeunes qui ont déjà pour la plupart subi de nombreux traumatismes depuis leur départ de leur pays d'origine.

    Afin de soutenir le combat des associations(1) qui luttent sans relâche pour un accueil digne et solidaires des migrants, mineurs comme adultes, j'ai décidé d'envoyer un courrier (à lire ici) à Pascal MARTIN, Président du département, afin d'obtenir un rendez-vous et envisager avec lui les solutions qui pourraient être mises en place. Car il n'y a pas à douter que de telles situations se reproduiront et que si rien n'est fait aujourd'hui, le problème sera pire demain.

    Un toit, une école, des soins, des papiers, un accompagnement social et éducatif, sont des droits fondamentaux !

     

    (1) Médecins du Monde, FCPE76, RESF Rouen, RESF Eure, ASHETI Le havre, Réseau solidarité migrants, Welcome, Amigrants, Itinérance Dieppe, Collectif 76 des travailleurs sociaux, Ligue des droits de l’Homme, Collectif des Sans papiers... J'en oublie certainement.

    photo : © France 3 Normandie

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