• Nucléaire en Normandie : non à la fuite en avant

    Ecologie

     

    La politique nucléaire de la France, jadis orgueil national, fleuron de nos savoir-faire exportés dans le monde entier, approche de sa faillite.

    Le fonctionnement des centrales normandes en activité met en évidence un traitement très insuffisant des questions de sécurité, lié à une volonté manifeste de minimiser tout incident qui pourrait contrarier la grande marche en avant du nucléaire français.

    Nucléaire en Normandie : non à la fuite en avantDessin de Lidwine

    (http://www.nucleaire-nonmerci.net/consequencesfrance.html)

     

     

     

     

    L’usine de retraitement des déchets nucléaires de La Hague : des cuves « extrêmement irradiantes »

    L’usine de retraitement des déchets radioactifs  de La Hague a été régulièrement dénoncée par les écologistes pour sa dangerosité. La Hague est considérée comme une des installations nucléaires les plus polluantes au monde. L’Autorité de sureté nucléaire pointe régulièrement des « incidents » sous-déclarés et  des « lacunes sérieuses » sur la sécurité d’une soixantaine d’équipements sous pression nucléaire (2013).

    Très récemment (25 février 2016) l’autorité de sûreté nucléaire a évoqué des cuves « extrêmement irradiantes » et dont la corrosion, plus rapide que prévue, inquiète. L’ASN demande à Areva de renforcer sa surveillance et y requiert l’installation de moyens supplémentaires permettant de limiter d’éventuelles fuites ou ruptures. Encore de détérioration excessive, l’ASN pourrait être amené à imposer l’arrêt de l’installation.

    Les centrales de Paluel  et de Penly (près de Dieppe), Flamanville 1 et 2 : la prolongation, un pari très risqué

    La vie des centrales est émaillée « d’incidents », toujours minimisés, qui jettent de sérieux doute sur la sécurité des centrales et sur la volonté d’EDF de jouer la transparence. Voici un échantillon de ces incidents les plus récents :

    A Flamanville, en octobre 2015, EDF découvre que quelques joints ne sont pas les bons (!!!) sur deux réacteurs en  exploitation. Fin décembre, le transformateur d’un deux réacteurs  de la centrale tombe en panne. Mais bon ! Ce genre d’événement s’est déjà produit dans d’autres centrales par le passé, selon EDF.

    En 2015, la centrale de Penly sort de trois années de maintenance. En 2014, EDF a été condamnée par le tribunal de police de Dieppe pour les fuites de tritium dans les bacs de rétention à Penly. Autre phénomène, les pertes de liquide frigorigène de l’ordre de 355 kg – cela correspond aux climatisations de 700 véhicules – qui n’ont « pas d’impact significatif sur l’environnement » mais pour lesquelles « un plan d’actions est prévu en 2015 ». Enfin, 2014 a été marquée par le survol de drones, dont le directeur rappelle que deux cas ont été avérés et qu’il y a une suspicion pour un troisième. (Paris Normandie, 10 février 2015).

    La centrale de Paluel, avec ses 4 réacteurs de 1300 MW, n’est guère plus rassurante.

    Au mois de juin, l’autorité de sûreté nucléaire estime que « que le niveau de la sûreté nucléaire et de la radioprotection est globalement assez satisfaisant » et que « les exploitants doivent poursuivre leurs actions pour respecter les dispositions visant au renforcement de la sûreté, au regard des exigences actuelles et du retour d’expérience ». Selon Paris Normandie (6 juin 2015), à Paluel « La préparation des activités d’exploitation et la mise en œuvre des pratiques de fiabilisation doivent progresser, tandis que le maintien des compétences (départs d’agents) doit faire l’objet d’actions renforcées. Au final, l’ASN juge que l’organisation du site pour la protection de l’environnement reste perfectible, notamment la gestion d’effluents liquides contenant du tritium (élément radioactif de l’hydrogène)», tandis que les fuites de gaz frigorigène n’ont pas disparu.

    Mais  patatras !!! Peu de temps après ces déclarations de l’ASN, début juillet, un incendie se déclare à Paluel. Aucun risque lié à la radio activité, nous rassure-t-on, le feu est parti dans une unité de production à l’arrêt, dans la partie non nucléaire des installations. Encore heureux. Mais « l’incident » se répète : les sapeurs-pompiers ont été alertés dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 février 2016, pour un début d’incendie. Le feu, une nouvelle fois, s"est déclaré à l’occasion de travaux de maintenance…

    Prolonger la durée de vie des centrales nucléaires, c’est jouer avec le feu…nucléaire

    Le feu vert de l’Autorité de sûreté nucléaire est nécessaire pour prolonger la durée de vie des centrales. Les déclarations de l’ASN sont, à l’heure actuelle, très prudentes. Il est indéniable qu’une mobilisation citoyenne, consciente des enjeux, est indispensable pour que l’ASN se détermine en fonction de seuls enjeux de sécurité publique.

    Quelle reconversion pour nos territoires ?

    Actuellement, la production d’énergie nucléaire joue un rôle certain dans l’économie locale, la disponibilité d’emplois et les finances locales.

    La politique actuelle de métropolisation conduit à délaisser de vastes pans du territoire. Exiger le démantèlement des centrales selon lr calendrier initialement prévu ne doit-il pas nous conduire dans le même temps à imaginer d’autres activités écologiquement soutenables, socialement utiles pour éviter que les territoires concernés subissent une dévitalisation accrue ?

    Le premier volet de ce dossier est à lire ici.

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