• Paradis fiscal, enfer à l'Hôpital !

    Paradis fiscal, enfer à l'Hôpital ! Paradis fiscal, enfer à l'Hôpital : c'est l'un des slogans des personnels de l'hôpital psychiatrique du Rouvray, à Sotteville-les-Rouen. Slogan scandé par les plus de 300 personnes, dont beaucoup d'extérieurs venus apporter leur soutien, présentes lors de la venue de Benoit Hamon cet après-midi.

    Enfer à l'hôpital : ce n'est pas qu'une image. Inutile de revenir sur l'état des lieux de cet hôpital, qui doit ressembler à beaucoup d'autres : pour cela, lire ou relire mon article d'hier. Au 9ème jour de grève de la faim, pour ceux et celle qui l'ont commencée le 22 mai, la direction reste toujours sourde aux revendications. Malgré le soutien de l'ensemble du personnel, malgré le soutien des syndicats des entreprises alentour, malgré les plus de mille signatures recueillies sur la pétition placardée sur le bâtiment de la direction (photo).

    Pourtant, les grévistes ont fait un pas en direction de l'administration, en ramenant leurs exigences en terme de postes de 197 à 52.  52 postes, soit un augmentation de l'effectif de 2,6% ! Ils et elles maintiennent, par contre, l'exigence d'une unité "ados" indépendante des adultes, indispensable pour le bien-être des premiers.

    Paradis fiscal, enfer à l'Hôpital ! Cette main tendue, la direction la refuse. Que penser d'une direction d'un hôpital psychiatrique, dont le rôle serait normalement de tout mettre en œuvre pour la guérison des patient-e-s qui lui sont confié-e-s par les familles, et qui se contente de manier la paire de ciseaux pour rentrer dans les clous du fichier "objectifs restrictions budgétaires.xlsx" envoyé par l'ARS ? N'est-ce pas cela que l'on appelle incompétence ? Si cela n'en est pas, cela ressemble en tous cas à de la lâcheté.

    Les 7 grévistes de la faim - car un collègue a rejoint la grève hier soir - ont donné un ultimatum à la direction, non pour une concertation, mais pour une négociation : vendredi midi. Ils et elle en seront alors à 12 jours sans aucune alimentation, et la direction (ainsi que ceux et celles qui lui donnent les ordres, dont la ministre de la santé) sera seule responsable de ce qui pourrait alors advenir.

    N'est il pas inadmissible, en 2018, dans un pays qui se dit "civilisé", que des gens qui ne demandent qu'à faire leur travail, en soient réduits à mettre leur santé en danger pour pouvoir soigner celle des autres dans des conditions décentes ?

    Cette aberration est dénoncée dans un autre slogan, également repris longuement aujourd'hui : "De l'argent pour soigner, pas pour crever !". Tout est dit.

    Notre groupe au conseil régional (Joachim Moyse, Céline Brulin, Marie-Jeanne Gobert et moi-même) avons envoyé aujourd'hui une lettre à Mme BUZYN, lui demandant l'ouverture d'une médiation urgente, médiation qui avait été refusée par l'ARS. Vous pouvez lire ce courrier ici :

    Paradis fiscal, enfer à l'Hôpital !

    La solidarité avec l'hôpital du Rouvray est aussi active au Havre. Les camarades de Sud-Santé de Pierre Janet ont en effet rédigé un tract de soutien qui sera distribué demain :

    Paradis fiscal, enfer à l'Hôpital !

    Si vous le voulez bien, je continuerai à vous tenir au courant sur ce blog de l'avancée de cette lutte, qui, comme le soulignait Benoit Hamon cet après-midi, est inédite. Inédite car si l'on a déjà vu des grèves de la faim pour être réintégré suite à un licenciement, on n'en avait pas encore vu dont le but est de travailler correctement ! juste ça. Est-ce trop demander ?

     

    photos : © Simon Louvet, 76actu

     

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