• Pour LAFARGE, l'argent n'a décidément pas d'odeur !

    Ce vieux proverbe trouve ici sa meilleure illustration depuis longtemps. Non content d'avoir financé des groupes djihadistes en Syrie pour pouvoir maintenir  coûte que coûte l’usine en activité, et surtout ses profits,  dans la zone de Jalabiya où opérait notamment Daesch,  voilà maintenant que le groupe annonce sans rougir qu'il est prêt à vendre son ciment pour la construction du mur anti-immigration voulu par Trump à la frontière mexicaine !

    Pour LAFARGE, l'argent n'a décidemment pas d'odeur !En ce qui concerne les pots de vin versés aux Djihadistes Syriens, le groupe Lafarge-Holcim vient de reconnaitre les faits. Cela ne lui coûte plus grand chose car Daesch a finalement saisi l'usine en décembre 2014, entrainant son évacuation. C'est ce qu'on appelle se donner bonne conscience en trempant la main dans le bénitier après l'avoir plongée dans le pot de confiture !

    Mais, une turpitude en entrainant une autre, voilà maintenant le groupe prêt à participer à la construction du mur de la honte, au motif que " Nous sommes ici (aux Etats-Unis) pour servir nos clients et répondre à leurs besoins. Nous ne sommes pas une organisation politique ", dixit le grand patron Eric Olsen. Et de rajouter, au cas où nous n'aurions pas bien compris : « Nous n’avons pas d’opinion politique ».

    là, je suis sceptique : pas de morale, c'est clair, mais pas d'opinion politique, je demande à voir. Car il est bien connu depuis longtemps, et tout autour du monde, que la religion de l'argent et son amour immodéré, quelle que soit sa provenance, va de pair avec des opinions bien libérales de droite. L'absence de morale aussi d'ailleurs, bien souvent. Suivez mon regard.

    On aura bien compris qu'il ne sert à rien de raisonner ces gens-là, il faut les combattre. Mais ce qui est le plus rageant, c'est que ce groupe ait sévi tout prêt d'ici, à Saint-Vigor d'Ymonville, en mettant à la porte 111 personnes et en arrêtant la production de ciment sur le site. J'en ai fait état plusieurs fois sur ce blog (ici, , encore ici, encore , et pour finir : ici).

    Mon dernier article s'intitulait "la région doit se bouger". Force est de constater qu'elle ne l'a pas fait, et ce n'est pas faute d'avoir interpelé le président de la région. Le gouvernement n'a pas fait grand chose non plus, hormis saisir la justice, par l'intermédiaire du ministère de l'économie, car l'achat de pétrole en Syrie était interdit par l'union européenne depuis novembre 2011.

    Les patrons voyous peuvent donc faire ce qu'ils veulent, quasi impunément : toucher du CICE, donc de l'argent public (3,8 millions d'euros en 2013, 5,8 millions en 2014...), revendre des quotas carbones - acquis frauduleusement à l'aide d'une usine fermée - pour 485 millions, et en même temps licencier comme bon lui semble, verser 5,9 millions d'euros en juillet 2015 à son PDG comme prime de départ (tiens, on sait où est passé le CICE de 2014 !), financer Daesch et construire le mur de la honte d'un ploutocrate américain.

    Si je ne craignais pas d'être poursuivi en diffamation, je pourrais dire - mais je ne le dis pas ! - qu'en d'autres temps historiquement pas si éloignés, ce groupe aurait participé sans états d'âmes à la construction de bien d'autres choses...

    La coupe est pleine ! Si nous avions un gouvernement digne de ce nom, attaché à la défense des intérêts de sa population, et en particulier ouvriers et employés, il commencerait par confisquer tous les biens de ce groupe dans le pays, pour les nationaliser, sans indemnités bien sûr, et les prendre sous sa gestion directe.

    Je fais un rêve : et si, en juin 2017, nous élisions quelqu'un susceptible, avec l'appui de gigantesques mobilisations sociales,  de mettre en œuvre ces principes de base ?

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  • Commentaires

    1
    Rioual Jean Pierre
    Vendredi 10 Mars à 19:59

    Cela me rappelle cette rumeur que l'héritage du père Lafarge avait servi à Le Pen à se faire fortune.

    Laouir

      • Samedi 11 Mars à 14:38

        Le Pen a capté l'héritage d'Hubert Lambert, héritier de la dynastie des ciments Lambert et plus que sympathisant du FN, en 1976. Les ciments Lambert avaient été rachetés par Lafarge en 1970, Lambert ne conservant que l'activité "plâtres". 

        Mais il n'y a sans doute pas de relation entre Lafarge et l'héritage de Le Pen. On ne peut pas accuser Lafarge de tous les maux !

        voir :

        http://www.humanite.fr/comptes-et-legendes-des-le-pen-un-front-plus-familial-que-national

        Par contre sur Wikipédia(1), on apprend ceci :

        "Pendant la Seconde Guerre mondiale, les usines dans la zone occupée pratiquent une collaboration neutre ou tactique alors que certains dirigeants d'usines dans la zone libre (où Lafarge a replié son siège social à Viviers) collaborent avec zèle pour la construction du Mur de l'Atlantique"

        Qui l'eut cru ?

        (1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Lafarge_(entreprise)

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