• Rencontre avec Sud Santé à l'hôpital du Havre

    Rencontre avec Sud Santé à l'hôpital du HavrePlus de 5 mois de silence, d'inactivité sur ce blog ! Pas parce qu'il n'y avait rien à dire, et pas non plus par inactivité totale par ailleurs, bien au contraire ! La campagne municipale, la responsabilité qui nous incombe à nous, havraises et havrais, d'infliger une claque à Édouard Philippe, tout cela a occupé le plus clair de mon temps, ainsi que de tous et toutes les militant-e-s d'Ensemble ! Le Havre. Nous sommes 5 à figurer sur la liste "Un Havre Citoyen", une liste d'un genre complètement nouveau sur la ville, et nous en sommes fier-e-s.

    J'ai choisi pour ma rentrée sur ce blog, de vous faire partager une rencontre que nous avons eue cet après-midi avec le syndicat Sud Santé du Groupe Hospitalier du Havre (GHH). Ce qu'ils et elles nous ont dit, je suppose que c'est la même chose ailleurs. C'est le symbole du grand écart entre les discours des élu-e-s de LREM sur le terrain, assénés avec force caresses dans le dos, et la politique réelle menée au sommet de l'état.

    Aux urgences, beaucoup de personnels partent, soit dans le privé, espérant y trouver de meilleures conditions (?), soit tout simplement pour d'autres projets de vie. Le dégoût des conditions de travail est profond. Certain-e-s jeunes infirmier-e-s démissionnent en cours d'étude, car il n'est pas rare que lors de leurs stages obligatoires, on les affecte seul-e-s sur deux étages - voire plus - en quart de nuit !

    Cela se traduit, pas seulement aux urgences mais dans tout l'hôpital, et pour toutes les catégories de personnel, par des taux d'absentéisme de 12% (identiques à ceux du privés, les personnels y subissant les mêmes contraintes) dont les principaux motifs sont : souffrance au travail et troubles musculo-squelettiques. 

    L'an passé, 8 personnes étaient parties en invalidité, cette année, c'est 21 départs. La direction va jusqu'au bout des arrêts maladies ou de travail, puis, plutôt que d'essayer de trouver des postes adaptés, préfère s'en débarrasser en les mettant en invalidité, à 850 euros par mois.

    Pendant ce temps là, les ASH (agents des services hospitaliers) ne sont plus "stagiarisés" mais restent avec des contrats précaires, le service de nettoyage ayant été externalisé pour une société privée, ONET, dont les personnels ne sont pas formés au nettoyage spécifique des hôpitaux, et sont pressurés comme ce genre d'entreprise sait bien le faire. Le ménage est mal fait, les chambres sont sales. On ne peut pas incriminer le personnel de chez ONET, qui fait ce qu'il peut et ce qu'il sait faire : c'est la course à l'économie qui en est responsable.

    Autre exemple de la privatisation rampante : Happytal, un "service" qui propose des chambres individuels, des livraisons en chambre, etc... après avoir pris soin de demander la carte de mutuelle et vérifié le montant accordé par ladite mutuelle aux remboursements. Ne reste plus ensuite qu'à facturer la chambre au plafond de la mutuelle. Ce genre de pratique n'est pas nouvelle et se pratique dans d'autres secteurs. A ceux ou celles qui font remarquer que ce n'est pas très clean vis-à-vis des mutuelles, on répond en substance "de quoi vous plaignez-vous, vous ne paierez rien, c'est votre mutuelle qui rembourse". Comme si l'argent des mutuelles tombait du ciel et ne provenait pas de nos cotisations ! Au final, si l'on ne paye rien sur-le-champ, ce sont les cotisations qui augmenteront inévitablement l'année d'après, et c'est toujours le "client" qui paye.

    Cette entrée de Happytal au GHH s'est faite sans que le conseil de surveillance ait pu délibérer, sans même que ses membres en soient informés ! Pourtant, le président du conseil de surveillance n'est autre que... le maire du Havre ! Un exemple parmi d'autres des pratiques démocratiques telles qu'il entend les mettre en œuvre si par malheur les havrais-e-s lui accordaient leurs suffrages. Lorsqu'il était maire, il répondait volontiers aux personnels qui demandaient des moyens : "je ne suis que maire, je n'ai pas les coudées franches". Lorsqu'il est premier ministre, il a les coudées franches, mais c'est pour détruire, libéraliser, privatiser en veux-tu en voilà.

    Parmi les médecins et les anesthésistes, il y a maintenant des intérimaires (!) et, mieux encore, pour 5300 personnes au sein du GHH, il n'y a ... qu'un seul médecin à la médecine préventive pour le personnel, lequel va partir bientôt en retraite !

    Quant au directeurs et aux chefs de pôles, qui ont maintenant tout pouvoir sur les chefs de services, ils assument de mener la politique que l'ARS et le gouvernement leur demande d'appliquer. Il est loin le temps où des directeurs d'hôpital avaient à coeur la satisfaction du patient, la bonne gestion du personnel et l'amour du travail. Aujourd'hui, il assume : "j'ai une carrière devant moi, il faut que je démontre que je peux faire mieux avec moins". Mesdames, messieurs, débrouillez-vous avec ça.

    Sur Janet (hôpital psychiatrique), qui avait connu la lutte des "perchés" et obtenu quelques postes et des ouvertures de lits, il s'avère que ces ouvertures n'étaient que temporaires (en attendant, soi-disant, la rénovation et la ré-ouverture d'un pavillon). Aujourd'hui, les lits supplémentaires installés "débordent", alors que 17 postes sont vacants !

    Tout n'est cependant pas perdu : avec une nouvelle équipe municipale et un nouveau maire à la présidence du conseil de surveillance, les choses peuvent changer : bien entendu, la municipalité ne peut pas gérer l'hôpital, c'est du ressort du ministère de la santé, mais en soutenant les luttes des salarié-e-s, au lieu de leur appuyer sur la tête, il est possible de faire bouger les lignes.

    Pour l'hôpital comme pour de multiples autres sujets, virer Édouard Philippe et changer d'équipe municipale est urgent !

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