• un gâchis historique...

     8%... non, ce n'est pas le pourcentage caché de François Asselineau au premier tour des présidentielles.

    un gâchis historique...C'est le bond des valeurs bancaires à la bourse hier 24 avril ! Quant au CAC40, c'est l'euphorie, il s'envole de 4,1% (la seule valeur en baisse est celle de ma bête noire, les ciments Lafarge !)

    C'est un signe qui ne trompe pas : le monde libéral fête à sa manière la première place de Macron au premier tour, et espère bien qu'il sera dans quinze jours le futur président.

    Une fois de plus, nous voilà devant un choix cornélien : la plongée dans le pétainisme ou la poursuite dans l'ultra libéralisme.

    Pourtant, notre candidat, Jean-Luc Mélenchon, n'a pas démérité et son score montre qu'il existe encore une gauche combative qui n'est pas prête à baisser les bras : Premier au Havre et dans sa banlieue ouvrière: Harfleur, Gonfreville-l'Orcher, Gainneville, Montivilliers, Saint-Laurent de Brévedent. Premier à Dieppe, Sotteville-les-Rouen, Saint-Etienne-du-Rouvray. Bravo à lui, car même s'il y avait évidemment des raisons profondes et évidentes, inhérentes à la situation actuelle, qui pouvaient motiver un vote JLM, il faut bien avouer qu'il a mené une excellente campagne, tant collective et innovante que personnelle.

    Pour autant, arriver quatrième derrière un pétaino-catho corrompu jusqu'à l'os ("36 ans au service de la France", dont 35 passés à taper dans la caisse) il y a de quoi rager. La présence de Benoit Hamon dans l'élection a été cruciale dans cet échec. Non pas qu'il en soit personnellement responsable, mais le Parti Socialiste est trop roublard (on n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces) pour n'en avoir pas tiré parti : Benoit Hamon n'était pas son candidat, c'est clair, et celui-ci ne l'a pas compris qui est arrivé exsangue sur la ligne d'arrivée, à force de banderilles plantées dans le dos. Le PS s'est servi de lui, sur deux tableaux : d'un côté sa présence permettait de maintenir Jean-Luc Mélenchon dans une posture lui interdisant l'accès au second tour, de l'autre, en organisant le départ régulier des caciques vers "En Marche", il préparait l'investiture de Macron en dégonflant progressivement les trop bons sondages de Hamon qui flirtait avec les 18% juste après sa victoire à la primaire de la "belle (?) alliance". Belle manœuvre en vérité.

    Pouvions nous croire un instant que le Parti "Socialiste" jouerait le jeu et se rangerait loyalement derrière son candidat ? Les libéraux qui composent la direction de ce parti ne pouvaient évidemment pas l'accepter et ils préfèrent aujourd'hui quitter à la cloche de bois la vieille boutique aux senteurs de moisi pour aller emménager dans une autre, plus "moderne", plus "propre", plus jeune, plus libérale. La salve de "ralliements" à Macron que l'on a entendue depuis dimanche était trop rapide pour être parfaitement honnête. Je ne parle même pas de celui de Hollande…

    Et nous revoilà revenu à notre choix : certains, certaines d'entre nous, déçu-e-s, dégouté-e-s se demanderont sans doute longtemps si cela vaut le coup de se déplacer le dimanche 7 mai. Macron - Le Pen, encore un vote par défaut, à quoi bon ? Cela peut s'entendre. Mais, passé le premier mouvement d'humeur, il faut raisonner.

    En fait, après avoir vécu un quinquennat fait de renoncements, de trahisons, de coups de matraques et de mauvais coups tout court, on a l'impression que Macron pourrait encore être pire que Hollande. Mais au bout du compte, ils sont de la même école, ils roulent tous les deux pour la même religion : le libéralisme à outrance. Alors, si en 2012 nous avons pu voter Hollande contre Sarkosy, rien ne justifie que nous ne puissions aujourd'hui voter Macron contre Le Pen. Car le libéralisme, on peut espérer en sortir un jour, le totalitarisme, c'est moins sûr.

    Dans le deux cas, il faudra encore se battre, dans la rue, les usines, les écoles, les facs, les hôpitaux. Nous l'avons déjà fait, nous saurons encore faire. Mais se battre sous un régime libéral dont on peut espérer qu'il respectera un tant soi peu les institutions, même à bout de souffle, républicaines (ne pas oublier que le libéralisme économique n'aime pas le totalitarisme, c'est contraire à la loi du marché), ce n'est pas la même chose que se battre sous un régime totalitaire fascisant. Il n'y a qu'à demander à tous et toutes nos camarades mort-e-s en prison sous les tortures de tous ces régimes ce qu'ils et elles en pensent.

    Alors oui, même si, une fois n'est pas coutume, ce sera sans doute le même que celui de Gattaz, j'irai mettre dimanche 7 mai un bulletin dans l'urne. Sans illusion aucune bien sûr. Avec en ligne de mire les législatives, qui seront pour le coup beaucoup plus importantes : ce que nous n'avons pas réussi à faire dimanche dernier, faisons le en juin : remplissons le palais Bourbon avec des député-e-s de la gauche radicale. Il est encore temps de rassembler pour cela : tous les partis ou mouvements qui ont appelé à voter JLM (PCF, France Insoumise, Ensemble !) , NPA, LO, mouvements citoyens, associations, syndicalistes : une seule candidature par circonscription ! Donnons nous tous les moyens de résister à ce quinquennat difficile qui s'annonce.

    Mais avant, avec vous, je serai dans la rue le premier mai. C'est la première mobilisation d'une longue série qui nous attend.

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  • Commentaires

    1
    Lambert
    Mardi 25 Avril à 09:58

    Qui a écrit en 1957 le texte ci dessous ?
    « L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale. »

    C’est bien sûr Mendes France. Une figure politique qui nous manque cruellement !

    Il nous reste à choisir entre ces 2 formes de dictature :
    - D’un coté Le Pen, la présidente du front national et ce qui me semble, ses tendances fascisantes
    - D’un autre coté, Macron, le pur candidat du système néolibéral, le pur candidat- pantin de la Finance et des entreprises multinationales, via l’Europe actuelle, le chouchou de la presse appartenant à ces groupes !

    L’abstention et le risque Marine ou la moins pire des deux dictatures (Macron) ?

    Comment en votant Macron lui faire savoir que ce n’est absolument pas un soutien. L’idéal serait une victoire de ce dernier mais avec un taux d’abstention élevé !

    A mon avis il va y avoir un tout petit plus d’un tiers des votes pour Macron, un tout petit moins d’un tiers en faveur de Le Pen et un tiers d’abstention. Il nous manque le 4ème tiers de César (Pagnol) en faveur de la coalition Mélenchon Hamon ! Beaucoup d’électeurs de gauche croyants les sondages et la victoire de l’extrême droite impossible vont s’abstenir ce qui contribue au risque lepeniste.

    Les seules bonnes nouvelles c’est la disparition de Fillon et la défaite du PS, largement responsable de cette situation avec sa politique néolibérale non voulue par ses électeurs. Quel dommage que Hamon ne se soit pas désisté en faveur de Melenchon. Il avait de bonnes idées et son programme n’était pas loin de celui des insoumis !

    Le PS est mort. Vive la gauche !

    2
    lallemand
    Mardi 25 Avril à 16:37
    2 erreurs, Gilles, dans ton analyse que je partage en partie.
    - Le libéralisme se conjugue parfaitement avec la dictature (du prolétariat) comme en Chine où sévit un parti unique, le PCC!
    - Le FN n'est pas un parti totalitaire, à moins de considérer Trump (qui lui correspond) comme un dictateur. Le FN n'est pas l'équivalent du national socialisme allemand, il est dans l'air du temps: nationaliste, raciste, homophobe, etc...
    - moi, je voterai blanc le 7 mai, comme aux régionales où je ne voulais pas apporter ma voix au PS malgré notre (ta) présence sur la liste.
    Cordialement
    3
    Tamerentong
    Mardi 25 Avril à 17:44
    Hier Résistance, aujourd'hui insurrection.
    4
    M Lamare
    Mercredi 26 Avril à 09:11

    Je pense qu'il faut ajouter à ton rassemblement contre la politique libérale les socialistes de gauche (dissidents de toutes sortes ou organisés) et les écologistes anti-libéraux. Mais tu es sans doute d'accord.

     

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