• un petit retour en 2018 : assemblée plénière du 17 décembre

    un petit retour en 2018 : assemblée plénière du 17 décembreNous étions déjà en plein mouvement social, mais l'ordre du jour de l'assemblée plénière du Conseil Régional, qui a eu lieu dans l'hôtel d'agglomération de "Caen-La-Mer", n'en a pas été perturbé pour autant. Le peuple a ses raisons que la région ne connait pas.

    Notre groupe, par la voix de Céline Brulin lors de l'intervention de politique générale a quand même pu évoquer les luttes sociales.

    Un des gros morceaux de cette plénière était le budget primitif 2019. Rien de nouveau sous le soleil : toujours la priorité pour les aides aux entreprises, sous diverses formes. En commission, j'étais intervenu sur un point qui me paraissait crucial :

    Plusieurs fois, nous étions intervenus auprès de la région pour qu'elle fasse pression auprès d'entreprises qui opéraient des licenciements soit purement boursiers, soit de toutes façons injustifiés : Vallourec, Lafarge, Novandie... En pure perte car la région n'était jamais intervenue. J'ai donc posé la question : l'argent public est-il employé à bon escient, lorsqu'il s'agit d'aider des entreprises qui - peut-être - vont créer ou sauver quelques emplois, quand de l'autre côté, des grosses entreprises licencient à tour de bras sans que la région ne lève le petit doigt ? N'est-ce pas là ce qu'on appelle mettre un pansement sur une jambe de bois ?

    Il m'a été répondu qu'avec le dispositif ARME (Anticipation-Redressement-Mutations Économiques) de la région, 10 000 emplois avaient pu être sauvés, en 2 ans. Dont acte. Mais emplois sauvés ne veut pas dire emplois créés, et surtout, il est très difficile d'imputer un emploi sauvé ou créé à une seule cause. Souvent plusieurs causes interviennent, dont le fameux "effet d'aubaine" : une entreprise qui avait l'intention d'embaucher quoi qu'il arrive va profiter des aides qu'on lui propose. Qui l'en blâmerait ?  Mais si l'on met ce nombre d'emplois "sauvés" en face du nombre d'emplois détruits, on n'est pas loin d'un solde zéro, le tout aux frais des contribuables. Quant au fait que la région n'intervenait pas auprès des grosses entreprises, il m'a été répondu que lorsque le PSE est lancé, on ne peut plus rien faire. On appréciera cette réponse à sa juste valeur.

    Bien entendu, nous avons voté contre ce budget.

    En ce qui concerne les autres sujets, je n'évoquerai ici que ceux sur lesquels j'étais mandaté pour intervenir :

    LES ORIENTATIONS DE LA RÉGION EN MATIÈRE DE "SILVER ÉCONOMIE"

    Pour ceux et celles qui ne connaitraient pas cet anglicisme, il s'agit de l'économie des "cheveux blancs", c'est à dire des personnes âgées. Je n'ai pas dit "les économies" des personnes âgées ! On ne parle pas de leur bas de laine, mais du fric que l'on peut se faire sur leur dos. Les plus courageux-ses d'entre vous pourront lire le projet de délibération sous ce lien.

    Tout y est traité sous un angle très humaniste : "La taille de ce marché est estimée à 92 milliards d'euros en 2013 et dépassera les 120 milliards en 2020". Plus loin, on parle de "l'opportunité à saisir qu'est la Silver Economie pour la Normandie". ou encore, l'intérêt primordial d'organiser "la convention d'affaires Silver Day Normandie". Avec cela, les vieux sont bien barrés ! Toujours les affaires et les marchés...

    Et le clou du spectacle est la fin : la région soutiendra les "action filières notamment celle du golf et les croisières". Il est bien connu que le retraité qui touche  le minimum vieillesse n'a qu'une préoccupation, celle de savoir quel parcours de 18 trous il va bien pouvoir faire aujourd'hui ! Lorsque dans mon intervention, que vous pouvez entendre ici, j'ai exprimé le sentiment que nous ne vivions pas dans le même monde, le Président m'a répondu "vous savez, le golf de Pont-Audemer, c'est pas cher". Je n'ai pu répondre, n'étant pas un spécialiste des tarifs de golf. Mais renseignements pris, le golf "pas cher" de Pont-Audemer est quand même à 45 € de l'heure. Le minimum vieillesse est à 868 €. 19 heures de golf par mois, ça le fait ! De quoi se plaignent-ils ?

    Nous avons fait des propositions :

    - que la région s'investisse, et investisse, dans des projets de béguinage, d'habitats partagés, ou regroupés, toutes formules qui semblent trouver leur public en ce moment, et constituent une alternative plus humaine aux EHPAD mouroirs.

    - que la région augmente de 50% l'offre de formations sanitaires en Normandie, car dans les EHPAD, nous sommes loin du ratio "1 personnel pour 1 résident", ratio qui est reconnu comme le minimum.

    Aucune réponse à ces deux propositions.

    PARTICIPATION A L'AUGMENTATION DU CAPITAL DE LA SAFER DE NORMANDIE

    SAFER : Société d'Aménagement Foncier et d’Établissement Rural. Elles ont pour mission de permettre, à tout porteur de projet viable, agricole, artisanal ou de service, de s'installer en milieu rural. Mais elle ont aussi vocation à acheter ("stocker") des terres agricoles pour pouvoir les revendre à des collectivités ou établissements publics.

    Dans cette délibération, absolument incompréhensible (ceux et celles qui comprendront peuvent m'écrire !) pour le commun des mortels, on comprend entre les lignes, et en analysant les annexes, qu'il s'agit ici que la région augmente son capital dans la SAFER de Normandie afin de faciliter le "stockage" de terres pour le contournement est de Rouen, ce fameux "grand projet inutile" auquel nous nous sommes maintes fois opposés. De plus, vous entendrez, dans mon intervention, une petite interrogation quant à la conformité de cette délibération, censée obtenir l'accord de l'assemblée en décembre,  pour acheter des actions dont la vente était ouverte de septembre à octobre. Là encore, comprenne qui pourra.

    FUSION DES LYCÉES "MARGUERITE DE NAVARRE" ET "MARÉCHAL LECLERC", A ALENÇON

    Cette fusion, envisagée avec d'autres en 2017, avait été "sortie" de la délibération à l'époque, puisque le rapporteur était Bertrand DENIAUD, vice-président de la région en charge des lycées, avait sursis à son application. Quand on habite à Alençon, il faut faire attention à ce qu'on fait pour faire plaisir à ses électeurs !

    Las, cette fois, pas de sursis ! Et cette fusion, aussi inutile que dommageable en termes pédagogiques a été votée, sans discussion. Circulez, y a rien à voir. J'ai quand même pu exprimer l'opposition de notre groupe.

     

    POUR CONCLURE SUR QUELQUE CHOSE QUI N'A RIEN A VOIR...

    Mais qui mérite quelques mots : Vous vous souvenez sans doute qu'un de nos premiers gestes, à peine élu-e-s, avait été de soutenir le comité des usagers du bac de Quillebeuf, menacé de disparition à l'époque, pour cause de mauvaise volonté du département de l'Eure, victime sans doute d'une "phobie de l'investissement public".

    Lors de son assemblée plénière, la région avait décidé de "mobiliser" 1,6 M€ pour la construction d'un bac de Seine "nouvelle génération" , dont le coût était de 6 M€. Voir cet article.

    Ce nouveau bac est maintenant en construction et sera opérationnel à Quillebeuf en 2020. C'est un peu notre victoire, mais aussi et surtout celle des usagers et des habitants de Quillebeuf qui ont tenu bon la barre dans cette bataille pour le maintien. Merci à elles et à eux.

    un petit retour en 2018 : assemblée plénière du 17 décembre

    « L'histoire bégaye. Ou : l'humanité est-elle inhumaine ? La république des copains et des coquins, ça suffit ! »
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