• Une police sans limites ?

    Une police sans limites ? L’affaire « Théo » est révélatrice d’un grave problème : la police française est gangrénée par une idéologie que tout le monde connaît : une idéologie raciste, qui prône la violence, la supériorité d’une « race » sur les autres, la supériorité de l’autorité sur le citoyen ; une idéologie enfin qui prône l’impunité « à priori » pour la police. Il suffit d’écouter les récentes déclarations de Marine Le Pen pour s’en convaincre.

    Même si la police n’a jamais recruté des enfants de chœur[1], un pas semble avoir été franchi  depuis le quinquennat Sarkosy. La création des Brigades Spécialisées de Terrain (BST) par Hortefeux a été un signal déclencheur. Ces brigades ont été créées par le ministre comme devant tenir la lance du fameux « Karcher » : elles ne sont stationnées que dans les « cités », stigmatisant de fait  la population de ces quartiers. De plus, d’après les propres mots du ministre, elles ne sont pas constituées de « policiers d'ambiance ou [d’] éducateurs sociaux ni des grands frères inopérants en chemisette qui font partie du paysage ». Ca classe tout de suite !   

    Encouragées par la passivité (ou la complicité) des gouvernements PS successifs, les bavures se sont multipliées : charges et arrestations violentes pendant les manifs contre la « loi travail », mort d’Adama Traoré, et déjà un précédent à l’affaire Théo le 29 octobre 2015 à Drancy.

    Le fait que Théo soit un jeune sans histoire, non connu des services de police (comme on dit !) est une circonstance aggravante pour la police, mais cela ne change rien sur le fond : PERSONNE ne mérite de se faire violer à l’aide d’une matraque par un délinquant pervers, nourri de haine et de préjugés. D’aucuns, bien-pensants, nous dirons : pourquoi se débattait-il s’il n’avait rien à se reprocher ? C’est l’un des arguments des thuriféraires de la police le plus souvent lu ou entendu ces jours ci. Mais, sachant de quoi sont capables ces zigotos, qui serait capable de rester impassible, se faire menotter et emmener au vu et au su de tout le monde, si l’on n’a rien fait, et sans savoir ce qui pourra se passer ensuite ? Personne, et je vous le dis tout net, pas moi ! C’est humain. Cet argument ne tient pas une seconde.

    Alors, au-delà de l’indignation nécessaire, il faut aller plus loin :

    •         Réclamer la dissolution des BST, vécues comme de véritables provocations dans les quartiers,   et de toutes les brigades ou corps de police connus comme des « noyaux du FN » et qui multiplient les opérations de cow-boy, étant quasiment assurés d’impunité.
    •           Il faut politiser les colères, lutter contre les politiques sécuritaires, racistes, homophobes.
    •         Il faut dénoncer et lutter contre tous les cas de corruption, d’abus et de détournements de biens publics, qui démoralisent la population et l’encourage un peu plus dans la voie de l’abstention ou du vote populiste.
    •         Il faut un projet de société qui permettra à chacun et chacune, jeune ou vieux, femme ou homme, chômeur ou salarié, de s’offrir une vie décente.  Les propositions de L’appel des 100 ou de l’Avenir en commun vont dans le bon sens : une société de l’humain avant une société du fric.

    Il y a aujourd’hui une potentialité, rare et qui ne se reproduira peut-être pas avant longtemps, qu’un tel programme puisse arriver au second tour des présidentielles. Notre tâche est de tout faire pour que ce soit possible.

    En attendant ce jour, l’affiche de la fédération CGT info’com qui avait fait pousser des cris d’orfraie à nos élites me semble plus que jamais d’actualité. Je la remets donc en tête de cet article

     


    [1] Mais là encore, ce n’est plus ce que c’était : même les bons châtelains cathos en costume bleu-marine et mocassins à glands ne sont plus des enfants de chœur, et mettent plus souvent la main dans la caisse que dans le bénitier. Où va la France !

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