• Provocations, mensonges, amalgames, dénigrement : honte à ce gouvernement !Après la manifestation d'hier 14 juin à Paris, où des centaines de milliers de travailleuses et travailleurs de toute la France sont venu.e.s crier leur refus de la loi Travail, c'est l’écœurement qui prévaut :

    Ecœurement, d'entendre le gouvernement, et la journaliste de France 2 à ses bottes, Nathalie Saint-Cricq, affirmer avec conviction que la manifestation n'était pas si énorme que ça, qu'il y avait moins de monde qu'à la dernière, et autres balivernes du même acabit. Notre "journaliste" de France 2 (ou du Figaro ?) est-elle seulement venue voir ? Non sans doute pas. C'est plus facile de lire les communiqués gouvernementaux. Ne vous en déplaise, la manif était effectivement énorme, combative, et n'avait pas du tout l'allure d'un "chant du cygne".

    Ecœurement, de voir les larmes de crocodile versées par Manuel Vals mercredi matin sur France Inter, faisant écho à celles de Cazeneuve, sur "les manifestants - sic - qui ont saccagé - sic également - l'hôpital des enfants Necker. Si effectivement ces vitres brisées sont l’œuvre de casseurs, ce n'est pas intelligent, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais plusieurs témoignages dont un, irréfutable puisqu'il s'agit d'une vidéo tournée en direct par Pierre Trouvé, journaliste au Monde.fr, tendent à prouver qu'il ne s'agit que d'une seule personne, cagoulée, qui a commis ce forfait (voir à 4'22''), et que ce sont des manifestants qui se sont interposés. Pas les forces de "l'ordre", qui étaient pourtant postées en masse au carrefour. Il serait peut-être intéressant de vérifier la véritable profession de ce "casseur"...

    Ecœurement de les entendre s'épancher, avec le ton larmoyant qui convient, devant ces 15 vitres brisées, alors que ce sont bien eux qui mènent depuis plusieurs années, après la droite mais avec la même fougue, le saccage - le vrai - de l'hôpital public, en fermant des établissements de proximité, en réduisant drastiquement les effectifs des personnels soignants, en favorisant les implantations de cliniques privées. Qui  sont les casseurs ? 

    Ecœurement d'entendre Valls et Cazeneuve tenter un amalgame abject entre la CGT dont l'attitude serait "ambiguë" vis-à-vis des casseurs, et le terroriste imbécile qui assassine lâchement deux personnes à leur domicile (et que ces deux personnes soient des policiers n'enlève ni ne rajoute rien au caractère odieux de ce crime). Comble de l'abjection de la part de nos deux ministres, ils tentent également un rapprochement avec le fait que l'un des enfants du couple assassiné aurait été hospitalisé à Necker. Il y aurait là collusion entre Daesch et la CGT qu'on ne serait pas étonné ! Pour qui prenez vous les Français, Messieurs Valls et Cazeneuve ? Pour des perdreaux d'un jour, capables d'avaler n'importe quoi ? Il est vrai que vous nous faites sentir souvent que nous ne comprenons rien, et que c'est par manque de pédagogie que nous ne sommes pas capables d'apprécier tout ce que vous faites de bien pour nous !

    Ecœurement enfin, mais il fallait s'en douter, que le gouvernement s'empare de cela pour brandir l'interdiction des manifestations ! Il ne fait même plus semblant de se retrancher derrière l'état d'urgence pourtant en vigueur jusqu'au 26 juillet ! Preuve s'il en était que cet état d'urgence ne sert à rien ! Je me permets à ce sujet de faire mienne une proposition de Jean-Claude Mailly : "qu'on interdise aussi l'Euro 2016, dans ce cas, puisqu'il y a des violences". La sécurité des biens et des personnes n'est effectivement pas garantie dans les villes qui accueillent des matches ! Que répondez vous à cela, M. Hollande ?

    Alors oui, il est temps de signifier à ces sinistres personnages que nous ne voulons plus d'eux, de leurs loi anti-sociales et pro-patronales. Et si le mouvement social, malgré sa force, sa détermination, et son capital de sympathie parmi la population (encore 59% après toutes ces semaines) ne parvenait pas à obtenir le retrait de la loi "Dumping social", alors il faudra que nous l'obtenions par les urnes, le moment venu.

    Il est temps que tout ce que la gauche compte de forces, anti-capitalistes, anti-libérales, opposées à la politique de ce Parti Socialiste qui a montré aujourd'hui - si besoin en était - son vrai visage, se rassemble derrière un programme, puis derrière un ou une candidat.e unique à la présidentielle, et que toutes ces forces s'entendent pour qu'aux législatives qui suivront, il n'y ait, dans chaque circonscription, qu'un ou une candidat.e anti-libéral.e opposé.e à la Droite, au FN, au Parti Socialiste. Une assemblée de Gauche, enfin !

    En attendant, puisque nous n'en sommes pas encore là, le mouvement se poursuit. Il n'est pas mort, et il ne faut pas douter que les jours qui viennent nous en apporterons la preuve.

     

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  • L'affiche du syndicat CGT Info'Com, ci-contre, enflamme la classe politique ainsi que les réseaux sociaux depuis quelques jours. Les superlatifs ne manquent pas pour la qualifier : "appel abject à la haine" (Syndicat Synergie), "affiche de la honte", "immonde" d'après Florian Philippot, "scandaleuse, indigne, honteuse" d'après Eric Ciotti.

    Il est vrai que le syndicat CGT en question fait passablement preuve de mauvais esprit. En effet, il est bien connu que les CRS, puisque c'est bien d'eux qu'il s'agit ( et non de toute la police comme voudraient le croire les détracteurs de l'affiche ) sont le plus souvent les bons Saint-Bernard des brebis égarées ou en danger. Quelques exemples au hasard :

    Ici par exemple, cette jeune fille (selon toute vraisemblance d'ailleurs, une "casseuse") allait tomber à la renverse. Le jeune homme à l'arrière plan s'est précipité pour empêcher sa chute :

    violences policières

    Là, c'est une dangereuse anarchiste de 72 ans, qui a bousculé une barrière métallique à Poitiers lors d'une manifestation contre l'abattage d'arbres. La barrière métallique, choquée, a dû bénéficier d'un arrêt de travail et d'une incapacité à 25%. Ce sont nos impôts qui financent l'Assurance Maladie ! Cette anarchiste devait bien être gentiment admonestée et rappelée à l'ordre, c'est la moindre des choses :

    violences policières

    Lorsque l'on n'est pas très réveillé, il peut arriver que l'on se coupe en se rasant le matin. C'est ce qui est arrivé à ce pauvre Rennais, victime de mauvaise lames. Les CRS à gauche se précipitent pour étancher l'hémorragie et l'encourager à changer pour un rasoir électrique :

    violences policières

    Encore un exemple : ci-dessous, cette jeune fille, victime de la canicule, commençait à se sentir mal. Un CRS s'empresse de la sauver en l'arrosant d'un jet d'eau minérale hydratant et bienfaisant :

    violences policières

    Ici, une jeune femme se fait sauvagement agresser par un casseur. Ce casseur-manifestant s'est d'ailleurs honteusement déguisé en "policier en civil" pour accomplir son forfait. Faux-cul ! . Le CRS, tel un preu chevalier, accourt pour la protéger :

    violences policières

    Enfin un dernier exemple qui montre jusqu'où peut mener l'abnégation. L'homme ci-dessous s'est auto-frappé la tête en pleine rue à l'aide d'un tube métallique contondant. Heureusement, des CRS étaient là qui lui prodiguent les premiers soins. D'autres protègent l'intervention des secouristes, à moins que la vue du sang du malheureux désespéré ne les indisposent car souvent, sous la tenue seyante battent des cœurs sensibles. 

    violences policières

    On pourrait multiplier les exemples à l'infini. Pourquoi, dès lors, stigmatiser ainsi une profession ? Non décidément, ce syndicat dépasse les bornes ! On me rétorquera que, comme dans toutes les professions, il y a des brebis galeuses, et ce serait par trop partial de n'en pas parler.

    L'image ci-dessous1 est effectivement une honte pour la profession, mais il fallait avoir un objectif bien affuté pour saisir l'action sur le vif, et surtout être là au bon moment car ces exactions sont rarissimes. Peut-être d'ailleurs s'agit-il tout bêtement d'une dispute conjugale, allez savoir ! Il est d'ailleurs difficile de trouver d'autres cas, hormis peut-être celui du malheureux CRS dont le poing est malencontreusement parti tout seul devant le lycée Bergson lors d'une manifestation de lycéens. (On peut se demander aussi pourquoi les lycéens manifestent au lieu d'aller en cours ! C'est vrai ça ! Ils ne pensent pas à leur avenir !)

    violences policièresPlus sérieusement, les détracteurs de l'affiche du syndicat CGT Info'Com lui reproche de stigmatiser toute une profession. Certes, tous les policiers ne sont pas des CRS, et même parmi ceux-ci, tous ne sont sans doute pas des bêtes sans âme. Après tout, il n'y a "que" 51,5% des policiers qui votent Front National. Il en reste donc 48,5% qui ont un cerveau et qui savent sans doute s'en servir. Certaines missions sont utiles : sécurité des routes et des plages, des biens et des personnes, lutte contre le terrorisme. Il est indéniable également que certains policiers, dans l'exercice des ces missions, risquent leur vie ou peuvent être blessés.  Mais, outre le fait qu'il en est de même dans d'autres professions (en 2014, en France, plus de 620000 accidents du travail, dont 530 décès-hors suite de maladies professionnelles), force est de constater que nous aimons moins la police lorsqu'ils contrôlent au faciès, tabassent les jeunes, les ouvriers, les infirmières, les profs, les migrants. Soit la police assume pleinement cette face obscure de sa mission, et dans ce cas, elle ne peut pas s'outrer de cette affiche, soit il reste la solution que certains policiers anti-émeutes ont adoptée en Italie en décembre 20132 : enlever le casque, poser le bouclier, et se joindre aux manifestants :

    violences policières

    violences policières

     

    1 - photographie Jan Schmidt-Whitley CIRIC.

    2 - certes il s'agissait d'un mouvement d'une autre nature : le mouvement dit "des forconi", protestant contre les hausses de taxes et d'impôts. Ce mouvement était plutôt classé comme d'origine populiste, voire d'extrême droite. Il n'en reste pas moins qu'il était l'expression d'un ras le bol populaire touchant toutes les couches sociales, et les manifestation massives de l'époque furent le révélateur de l'exaspération d'une majorité de la population contre les politiques néo-libérales, population confrontée également à l'inaction des forces syndicales et politiques de gauche traditionnelles.

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  • Panama Papers : les richesses confisquées.

    Une fois n'est pas coutume, voici une petite chanson sympa de Frédéric Fromet*, entendue ce soir sur France Inter, qui agrémentera de belle façon la lecture des quelques lignes ci-dessous :

    Au bal des hypocrites, P. Gattaz est bien placé. Sur une radio publique, il n'a pas hésité à se déclarer contre la fraude fiscale tout en faisant la promotion de l'optimisation fiscale. Et sur la Société générale, il a osé affirmer ne pas connaître sa situation exacte.

    Et pourtant le scandale révélé par le consortium des journalistes d'investigation est énorme.

    Des proches de Marine Le Pen aux dirigeants politiques de nombreux pays, en passant par des institutions financières, des banques comme la Société générale et des personnalités du monde du sport, ce sont des milliards et des milliards qui ont été planqués dans des sociétés off shore et soustraits à l'imposition.

    Ce qui est présenté comme de l'optimisation fiscale relève bien souvent de la fraude, réalisée via des paradis fiscaux qui peuvent avoir été retirée de la liste, comme le Panama, mais sont toujours actifs.

    L'optimisation fiscale est donc soeur jumelle de la fraude fiscale qui est estimé pour la France entre 60 et 80 milliards. Autant de ressources dont sont privés les services publics.

    La richesse mondiale est confisquée par des bandes de spéculateurs et d'escrocs qui font du fric sur le dos des peuples.

    En plein mouvement social contre la loi travail, le chômage et la précarité, ces révélations ne peuvent qu'alimenter la colère des populations contre cette privatisation des richesses.

    Et pendant ce temps, le Parlement européen est saisi d'un projet de loi qui, s'il était voté, mettrait en place un secret des affaires tel que le couvercle serait maintenu sur toutes ces malversations.

    La liste des bénéficiaires étant connu, des instructions judiciaires doivent être ouvertes systématiquement. Quant aux banques comme la Société générale, dont le PDG avait pourtant assuré qu'elle était absente des paradis fiscaux, c'est non seulement la démission du PDG qui doit exigée mais aussi la réquisition sous contrôle social de cette banque.

    * voir aussi son site officiel : http://www.fredericfromet.fr/

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